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Avec Extraphore™, Saur valorise le phosphore extrait des eaux usées



Station d'épuration de Nîmes : Saur récupère le phosphore

Le phosphore est un ingrédient essentiel de tous les engrais utilisés depuis les années 1950 pour améliorer les rendements agricoles. Le phosphate dont il est issu n’est toutefois pas une ressource inépuisable et sa disponibilité pourrait faire naître des tensions géopolitiques de plus en plus fortes dans les années à venir. La solution ? Récupérer le phosphore, et notamment celui présent dans les eaux usées.

 

 

 

 

 

Les ingénieurs R&D du groupe Saur travaillent activement au recyclage du phosphore issu des eaux usées. Dans la plupart des stations, le phosphore est éliminé dans les boues d’épuration par le biais d’une déphosphatation physico-chimique (précipitation du phosphore grâce à un réactif chimique, à base de fer ou d’aluminium) ou biologique (mise en condition des bactéries pour accumuler le phosphore). Le procédé Extraphore™, développé et breveté par Saur, vise 90 % de déphosphatation biologique de manière à réduire au maximum l’utilisation de réactifs et donc les coûts. En instrumentant la déphosphatation biologique, il est possible de contrôler les conditions nécessaires pour favoriser les bactéries qui accumulent le phosphore, notamment dans la zone anaérobie en entrée de bassin biologique.

La technologie a été étudiée sur deux stations d’épuration de 220 000 et 28 000 EH dans le Gard et le Morbihan. Si son optimisation n’a pas encore été testée en situation réelle à l’échelle industrielle, Saur demeure néanmoins confiant sur les économies d’exploitation qui pourraient être réalisées. « L’équipement en automates et sondes pour le pilotage de la déphosphatation est peu coûteux et l’on sait déjà qu’en matière de réactifs, il y aura des économies importantes », justifie Vincent Jauzein, ingénieur de recherche. La phase d’extraction et de valorisation du phosphore reste en revanche pour l’instant à l’état d’étude.

 

 

« Extraphore concerne potentiellement toutes les stations d’épuration, quelle que soit leur taille. »

 

 

 

Sur la station d’épuration du Gard, Saur a développé un pilote traitant environ 1 mètre cube de boue par jour.

Pilote Extraphore station dépuration Saur de Nîmes« Une fois que les bactéries ont suraccumulé le phosphore, on induit des conditions physico-chimiques en milieu anaérobie afin qu’elles relarguent le phosphore, que l’on fait ensuite précipiter », détaille Vincent Jauzein. L’ajout de chaux permet de former de l’hydroxyapatite. La société étudie actuellement les débouchés et la rentabilité potentielle d’une telle installation. Extraphore concerne potentiellement toutes les stations d’épuration, quelle que soit leur taille, à la seule condition qu’elles disposent des équipements nécessaires à la déphosphatation biologique. Un premier projet devrait être lancé à l’échelle industrielle dans le sud de la France au cours du premier semestre 2017.

 

 

Le recyclage du phosphore – et donc la préservation de la ressource – présente un enjeu majeur.

 

mine_phosphatesLes gisements actuels sont évalués à 16 milliards de tonnes et ils se situent principalement dans trois régions du monde : le Maroc et le Sahara occidental, la Chine ainsi que les Etats-Unis. Les besoins mondiaux sont estimés à 150 millions de tonnes par an et, en Europe, plus de 90 % des 950 000 tonnes consommées chaque année sont importés. Vu l’augmentation quasi exponentielle de la demande, l’épuisement des mines de phosphates (minerai dont est extrait phosphore) est programmé d’ici la fin du XXIe siècle. La seule récupération du phosphore dans les eaux usées traitées en station d’épuration permettrait de couvrir entre 15 % et 20 % des besoins. Le procédé Extraphore™ expérimenté par Saur revêt donc une importance de premier plan : il contribue à l’optimisation de l’utilisation du phosphore, un élément indispensable dans la production d’engrais phosphatés sans lesquels il sera impossible de nourrir la population mondiale.

 





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