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La démarche éco-responsable « Golf & Nature » de Blue Green



Les golfs, réservoirs de biodiversité

Les golfs constituent des îlots de verdure de plusieurs dizaines d’hectares, chacun au cœur des territoires. Outre le fait qu’ils représentent bien souvent de réels remparts contre l’artificialisation des terres, ils peuvent contribuer aux continuités écologiques entre les milieux – parfois classés – qui les entourent. Situés dans des environnements très variés – périurbains, ruraux, en zone littorale, en périphérie de forêt ou à la montagne – les 49 sites exploités par Blue Green, filiale du groupe Saur et premier gestionnaire de parcours golfiques en France, représentent un véritable patrimoine naturel à respecter, riche d’une biodiversité faunistique et floristique diverse pouvant abriter nombre d’espèces protégées.

 

Golf & Nature : respecter l’environnement

Depuis plusieurs années, consciente de sa responsabilité, Blue Green mène de nombreuses actions pour préserver et développer la richesse de ce patrimoine naturel qui totalise environ 2 000 hectares. Elle développe des pratiques de gestion des parcours golfiques et des espaces verts attenants respectueuses de l’environnement au travers de sa démarche « Golf & Nature ». Cette dernière est axée sur trois priorités portant sur le respect de la biodiversité allant de pair avec un entretien raisonné des pelouses et une utilisation rationnelle de l’eau pour un arrosage optimisé des greens. Le tout, bien sûr, avec une attention permanente à la qualité de jeu irréprochable proposée aux golfeurs.

 

L’appui de la LPO pour connaître la biodiversité et mieux la préserver

La démarche « Golf & Nature » de Blue Green est unique en son genre à une telle échelle et elle se veut particulièrement concrète. Elle a bénéficié de l’appui technique de la Ligue de protection de oiseaux (LPO) au travers d’une collaboration de six ans établie sur la période 2011-2016. Les travaux menés avec la LPO ont plus spécifiquement porté sur l’identification des priorités de gestion pour préserver et développer la biodiversité sur les parcours. Un diagnostic écologique faune flore précis a été conduit sur une vingtaine d’entre eux, véritable panel représentatif de leur variété.

Le travail d’inventaire effectué avec le soutien du réseau d’associations locales de la LPO a servi de base à la définition de règles de gestion simples et faciles à déployer sur tous les golfs, certaines, parfois plus complexes, étant à mettre en œuvre selon les spécificités locales des sites. Il a donné naissance à un guide de gestion écologique des parcours regroupant près de 30 bonnes pratiques, portant sur les trois thématiques (biodiversité, eau, entretien raisonné) de la démarche « Golf & Nature » de Blue Green. Dix d’entre elles sont dédiées spécifiquement à la préservation de la biodiversité et issues du travail mené avec la LPO. Ce vade mecum a été remis à l’ensemble des gestionnaires de parcours golfiques (les « green keepers ») pour un usage quotidien alliant respect de l’environnement, qualité, esthétique et sécurité.

 

 

 

 

Blue Green et la LPO ont développé une collaboration pour favoriser la biodiversité sur les golfs. Retour sur cinq ans de travail commun avec Benoît Falgayrac, coordinateur technique Blue Green, et Thierry Micol, chef du service Etudes du patrimoine naturel LPO.

 

Pourquoi avoir déployé une action environnementale telle que « Golf & Nature » sur les golfs Blue Green ?

Benoît Falgayrac – Les golfs souffrent d’un déficit d’image auprès du grand public. Ils sont souvent perçus comme des sites synonymes de gaspillage d’eau, où l’on épand beaucoup de fongicides et d’herbicides, donc des espaces gérés de manière peu respectueuse de l’environnement. Nous avons voulu remettre en cause ces idées reçues en montrant que les golfs peuvent être parfaitement bien intégrés dans leur milieu et constituer des îlots de biodiversité préservée. Ce constat nous a amenés à chercher un partenaire apte à nous accompagner dans notre démarche, notamment pour mieux connaître et comprendre les enjeux de préservation de la richesse présente sur les parcours.

 

C’est dans ce cadre qu’une collaboration a été engagée avec la LPO ?

Thierry Micol – Oui, nos compétences ne se limitent pas en effet aux seuls oiseaux ! Mais il est vrai que lorsque Blue Green nous a contactés, nous étions réticents, ayant nous-mêmes quelques a priori sur les golfs. Une visite sur l’un des parcours nous a fait changer d’avis. Nous nous sommes rendus compte que certains parcours pouvaient être situés dans des zones écologiques intéressantes et que Blue Green avait une réelle volonté d’œuvrer en faveur de la biodiversité, loin d’une simple démarche d’affichage. Nous avons donc accepté de travailler en collaboration avec Blue Green pour faire progresser les pratiques de gestion en faveur de la biodiversité. Au total, vingt-et-un golfs ont été diagnostiqués faune-flore en cinq ans. Chacun a fait l’objet de préconisations en fonction des enjeux écologiques locaux identifiés par nos experts locaux, enjeux parfois très forts. Je pense notamment à un golf diagnostiqué cette année et qui a révélé 146 espèces végétales, dont certaines sont caractéristiques d’habitats menacés, et 167 espèces animales. Parmi ces dernières, 73 sont protégées au niveau national, sans compter celles qui sont d’intérêt communautaire (européen) ou sur liste route nationale. On peut ainsi croiser sur ce golf la loutre d’Europe, le faucon pèlerin et le martin pêcheur pour les plus connues.

 

Avez-vous quelques exemples de pratiques préconisées ?

T.M. – On peut citer la fin du débroussaillage de bosquets jamais fréquentés par les golfeurs, des fauches adaptées aux cycles reproducteurs de certaines espèces ou encore la recolonisation par la végétation des rives des nombreuses mares que l’on peut trouver dans les golfs. Ces mesures simples et efficaces favorisent la biodiversité.

 

Quelle sera la suite donnée à cette première collaboration ?

B.F. – Nous souhaitons aujourd’hui mieux communiquer sur notre démarche, tant auprès de la profession pour contribuer à l’évolution des pratiques que vers les golfeurs pour expliquer le pourquoi des actions menées et favoriser leur acceptation. Ensuite, il sera nécessaire d’effectuer un suivi de l’évolution de la biodiversité et de définir des indicateurs de bonne gestion faciles à comprendre par tous.

T.M. – Il est en effet indispensable de pouvoir « mesurer » dans le temps l’effet des bonnes pratiques préconisées pour chacun des golfs. Pour cela, des observations régulières sur le terrain sont incontournables, un travail qui pourrait être réalisé – entre autres – par le réseau des associations LPO locales réparties partout en France. Cela permettra également de faire un retour vers les golfs qui participent à la démarche et de valoriser leur implication.





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