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Méthanisation : Saur transforme les déchets organiques en énergie



La méthanisation des boues et autres matières organiques est aujourd’hui en plein essor. Les acteurs de l’eau peuvent contribuer à cette croissance et à la production d’énergie verte. Saur s’est positionné sur ce marché et exploite aujourd’hui plus d’une dizaine d’unités de méthanisation urbaines et industrielles.

L’étendue des savoir-faire de l’entreprise, l’expertise en construction et exploitation de ces installations, la capacité d’innovation ainsi que l’acquisition en début d’année 2020 de la société Econvert sont autant d’atouts pour assurer la croissance de Saur sur ce marché.

La méthanisation des boues de stations d’épuration urbaines est une pratique ancienne. Beaucoup la pratiquaient déjà il y a plusieurs décennies, avec pour objectif non de produire de l’énergie mais de réduire le volume des boues. Récemment, avec l’introduction d’une politique tarifaire encourageant le rachat d’énergie produite par méthanisation, la production de méthane à partir des boues s’est plus largement répandue. Au point de devenir quasiment incontournable dans la plupart des appels d’offres pour le renouvellement des contrats dans les grandes collectivités.

De grandes ambitions pour les collectivités

Saur occupe une place significative sur ce marché. Comme l’indique Philippe Bessaguet, responsable méthanisation, « sur les 17 installations de méthanisation sur stations d’épuration urbaines avec injection de biométhane que l’on compte aujourd’hui en France, Saur en exploite déjà une à Saint-Etienne et a récemment remporté un contrat avec le Syndicat intercommunal d’assainissement de Marne-la-Vallée (Siam), comportant dans son cahier des charges la construction et l’exploitation d’une unité de méthanisation ».

Actuellement, la rentabilité d’un projet de méthanisation de boues est démontrée pour les grandes collectivités qui disposent de volumes de boues importants, et produiront de ce fait davantage de gaz.

Pour les plus petites collectivités, Saur travaille aujourd’hui sur l’adaptation des technologies de méthanisation et d’épuration du biogaz pour être en mesure de proposer cette option de production d’énergie verte à la majorité des stations d’épuration, en particulier celles du monde rural avec lequel le Groupe entretient des liens privilégiés.

Comme le souligne Pamela Macquet, ingénieur valorisation, « L’une des solutions consiste à alimenter les méthaniseurs de graisses d’assainissement provenant des stations d’épuration urbaines et des stations d’épuration industrielles à proximité. D’autres paramètres peuvent également favoriser la mise en place d’un projet de méthanisation comme la disponibilité de chaleur, la présence d’un tissu industriel dense ou encore une forte volonté politique d’ajouter à la valorisation matières des boues une valorisation énergie ».

L’obligation faite aux collectivités depuis la crise sanitaire Covid-19 d’hygiéniser les boues avant leur retour au sol, pourrait également favoriser la méthanisation car certaines technologies répondent aux exigences réglementaires en la matière.

L’essor de la méthanisation devrait se poursuivre au cours des prochaines années. A l’horizon 2024, les collectivités, auront l’obligation de collecter à la source et valoriser leurs biodéchets par retour au sol avec ou sans production préalable d’énergie. Les deux principales options de valorisation de ces déchets sont le compostage et la méthanisation.

De nouveaux atouts pour l’industrie

La méthanisation est également utilisée depuis déjà quelques années dans les stations d’épuration industrielles, en particulier dans les secteurs de la papeterie et de l’agroalimentaire. En plus de produire du biogaz, elle permet de très bons rendements dans le traitement de la charge organique des effluents sur les stations d’épuration industrielles ou avant rejet vers les stations d’épuration urbaines. Elle a également l’avantage, en diminuant le volume des boues, de réduire les coûts nécessaires à leur élimination par épandage agricole.

Saur a récemment remporté plusieurs contrats pour la construction ou l’exploitation de stations équipées d’unités de méthanisation : le papetier Sical du groupe Rossmann, Orangina, Refresco, les vignobles de Saint-Emilion…

L’acquisition en début d’année d’Econvert, société néerlandaise spécialisée dans la conception et construction de méthaniseurs clef en main conçus spécifiquement pour le traitement des effluents industriels, est un atout supplémentaire pour que le Groupe poursuive son développement sur ce marché. Le contexte, note Luc Mejean, chargé d’affaires marchés industriels, « est aujourd’hui très favorable, du fait de la volonté des industriels de prendre part, comme les collectivités, à la transition énergétique en valorisant le biogaz produit pour une utilisation interne ou par un raccordement au réseau ».

La méthanisation, un potentiel d’avenir

Au 1er janvier 2019, l’Ademe recensait 710 unités de méthanisation sur le territoire national, tous marchés confondus (agricole, territorial, industriel, stations d’épuration). Selon GRDF, le prévisionnel à 2023 est d’un peu plus de 70 stations d’épuration qui seront capables d’alimenter le réseau de gaz français en gaz vert et plus de 90 sites en 2030 pour une capacité de production globale comprise entre 1 et 1,5 TWh ce qui correspond à environ 10 % de l’activité globale de la filière biométhane via méthanisation en France.