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Pollution aux CVM : les solutions de Saur pour garantir la potabilité de l’eau



Les canalisations en PVC posées en France jusqu’en 1980 peuvent contenir des teneurs résiduelles élevées en chlorure de vinyle monomère (CVM). Or, ce polluant peut se retrouver à faible concentration dans l’eau potable. Un problème pris en compte par Saur qui déploie les actions nécessaires pour contrôler et assurer la potabilité de l’eau en toutes circonstances.

 

Le CVM est une molécule organique inodore et incolore à température ambiante. Elle est utilisée pour l’élaboration par polymérisation du PVC, employé entre autres pour les canalisations d’adduction d’eau potable. Avant 1980, les procédés de fabrication n’éliminaient pas totalement le CVM résiduel. Conséquence : lorsque l’eau stagne trop longtemps, et dans certaines conditions de température, le CVM migre lentement de la canalisation vers l’eau. Depuis 2007, ce polluant est inclus dans le contrôle analytique de l’eau destinée à la consommation humaine. « Le CVM peut se retrouver à des taux mesurables dans l’eau stagnant plus de 48 h dans ce type de réseaux, explique Fabrice Nauleau, directeur technique de Saur. Le problème concerne donc plutôt les « bouts de réseau » et les zones à faible débit où l’on peut parfois observer des concentrations supérieures à la limite règlementaire de qualité de 0,5 µg/L. »

 

Un inventaire des zones « à risque »

 

Les Agences régionales de santé (ARS) sont chargées depuis 2012 d’inventorier les zones « à risque ». Localement, le profil des réseaux est désormais et dans la plupart des cas connu, mais la consolidation des données au niveau national a du mal à s’effectuer. Toutefois, sur un linéaire de réseau d’eau potable évalué à un million de kilomètres, l’Institut de veille sanitaire (InVS) estime que 50 000 km répondent à ce « profil à risque », desservant environ 600 000 personnes plutôt dans les milieux ruraux et dans l’ouest de la France. Ce chiffre est vraisemblablement un chiffre plancher, d’autres études faisant état d’un linéaire concerné plus important. En cas de non-conformité confirmée par plusieurs contre-analyses, les collectivités disposent de trois mois pour remédier à la situation. « En tant que distributeur d’eau, nous préconisons en tout premier lieu le remplacement, voire le tubage, des canalisations en question, souligne Fabrice Nauleau. Mais si cette solution est la seule réellement curative, elle est difficilement envisageable à très court terme au vu des milliards d’euros que les collectivités, propriétaires des réseaux, devraient y consacrer. » Alors, pour répondre aux impératifs sanitaires à respecter, Saur déploie un certain nombre de mesures palliatives avec pour objectif de ne pas dépasser 50 % de la limite autorisée, à savoir 0,25 µg/l.

 

Cibler les endroits « clés » du réseau

 

Le plan d’action de Saur repose principalement sur l’installation de purges automatiques aux endroits « clés » du réseau, couplé à un suivi de leur efficacité dans le temps. Ces équipements assurent un renouvellement de l’eau à intervalles de temps réguliers ce qui, en favorisant sa circulation dans les canalisations en PVC, réduit la teneur en CVM dans l’eau. Un suivi de l’efficacité des purges est assuré durant six semaines. Toutefois, si ce système ne peut être mis en œuvre ou s’il s’avère insuffisant, des mesures restrictives de consommation sont appliquées par les collectivités et relayées sur le terrain par Saur pour les réseaux sous sa responsabilité. Au programme : information du public par courrier ou par téléphone, distribution de bouteilles pour la consommation courante, conseils sur les usages possibles de l’eau (bain, lavage et cuisson des aliments, arrosage…). Autant de mesures qui restent heureusement exceptionnelles.

 

Réseaux et CVM : les chiffres à connaître

● Le linéaire du réseau d’eau potable français est estimé à 996 000 km, dont environ 340 000 km de canalisations en PVC posées avant 1980 (tous distributeurs confondus, publics et privés).
● Le coût du remplacement d’un mètre linéaire de canalisation en PVC varie entre 75 et 200 € selon les travaux de réfection de chaussée en découlant. D’où une facture de plusieurs milliards d’euros si l’on devait procéder au remplacement de l’ensemble du linéaire concerné.

 

Sur le même thème :  lire l’interview de Fabrice Nauleau, directeur technique de Saur





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